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100 JOURS À LA PRIMATURE : Boubou Cissé, combine style, vision et rigueur

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Depuis le 31 juillet 2019, le Premier ministre Dr Boubou Cissé a franchi la barre symbolique des 100 jours à la tête du gou- vernement malien. Il est évident que ce laps temps de gouver- nance ne saurait être un baromètre d’évaluation. Toutefois, il n’en demeure pas moins un indicateur significatif de l’ap- proche, des actions et des perspectives du gouvernement Boubou Cissé.

Avant tout, il est important de noter qu’à présent, Dr Bou- bou Cissé n’a pas encore fait sa Déclaration de Politique générale (DPG) devant les députés afin que ces derniers lui accordent leur confiance quant à sa mise en œuvre. Si pour certains observateurs de la scène politique, le manquement à cette tradition démocratique bien ancrée depuis 1992 s’explique- rait par la situation politique de notre pays, caractérisée par une double prorogation du mandat des honorables députés.

D’autres estiment que cet état de fait laisse penser que le Premier ministre Dr Boubou Cissé inscrit les actions de son gouverne- ment dans la continuité de celui de son prédécesseur, Soumeylou Boubèye Maïga. En tout état de cause, quels acquis majeurs peut-on donc inscrire à l’actif de Boubou Cissé, depuis qu’il a succédé au président du parti ASMA, à la Primature, un 22 avril 2019 ?

Faut-il le rappeler, Dr Boubou Cissé est arrivé à la Primature au moment où le Mali était secoué par des vagues de contestations et mouvements sociaux et politiques (manifestations intempestives tout azimut allant jusqu’à exiger la démission du Premier ministre SBM, des grèves de divers syndicats, menace de motion de censure contre le gouvernement, etc. C’est dans ce contexte que le PM Soumeylou Boubèye Maïga a jeté l’éponge. Ainsi, le Président IBK a nommé le 22 avril 2019 le Jeune Boubou Cissé, ministre des Finances et de l’économie dans le gouvernement précédent, comme Premier ministre qui a formé son gouverne- ment le 5 mai 2019.

La première réussite du gouvernement du Premier ministre Dr Boubou Cissé est incontestablement le fait d’avoir pu contenir (ne serait-ce momentanément) cette bourrasque crise scolaire et sauver l’année scolaire. Faire face à une bourrasque exige d’avoir une force de résistance extraordinaire. En cela, on peut dire qu’il a bien osé. En outre, le Premier ministre a également fait preuve d’un remarquable leadership, marqué de qualités de redoutable négociateur, en parvenant à des compromis avec les farouches interlocuteurs en face.

C’est bien cette accalmie qui a permis au gouvernement de s’at- taquer à certains gros dossiers qui sont inscrits dans la nouvelle feuille de route. Deux axes majeurs se dégagent.

Premièrement, trouver des voies et moyens pour ramener l’accal- mie dans le Centre du pays en proie à des conflits ethniques et la recrudescence des attaques terroristes et des groupes armées.

Cela, quant à sa détermination d’apparaître comme un homme d’actions et non pas comme un simple porteur de projets. Et sur ce plan, il est en phase de relever le défi, car les armes se sont tues depuis un bon moment, et la cohabitation entre les différents groupes ethniques, semble être au beau fixe en ce moment.

Deuxièmement, on peut noter la volonté affichée par le Premier ministre Boubou Cissé d’inscrire l’action de son gouvernement dans un cadre managérial bien défini, pouvant faciliter un sui- vi-évaluation objectif. À ce titre, dès sa prise de service, il a orga- nisé un Conseil ministériel à la Primature pour recadrer les pro- grammes d’actions des ministères et élaborer les plans. Un plan triennal qui constitue la dernière ligne droite vers 2020, le cap d’atteinte de l’émergence du Mali. Au sortir de cette rencontre de recadrage, il a été convenu d’une évaluation trimestrielle des actions ministérielles. Si cet objectif venait à être atteint, il est évident que de nombreux projets en souffrance dans les tiroirs ou en cours d’exécution connaîtront une réalisation définitive et bénéfique pour tous.

Il ne reste qu’à souhaiter que cette rigueur gouvernementale affi- chée ne s’essouffle pas.

Enfin, Dr Boubou Cissé continue de faire de la coopération inter- nationale un axe essentiel de sa gouvernance. En témoigne sa présence aux différentes rencontres organisées sur le continent, en Amérique et en Europe.

Pour le moment, le bémol de ce bilan des 100 premiers jours reste le volet social et humanitaire. Le panier de la ménagère continue de diminuer, la crise économique se fait sentir même au niveau des opérateurs économiques. Toute chose qui fait ra- lentir les activités économiques du pays, et augmente le degré de la misère au sein des populations. On ne le dira pas assez, la communication, c’est avant tout la qualité du lien qu’on réussit à tisser avec sa cible. Comme le souligne Dominique Wolton, c’est d’abord, «une action de partage».

Une chose est sûre, cette belle image se bâtira d’autant plus que des satisfactions seront données aux attentes des populations. Or pour l’instant, celles-ci essentiellement sociales, restent en- core très fortes.

Il s’agit de la lutte contre la vie chère, l’attente d’une meilleure redistribution des richesses, la lutte contre la corruption et le chô- mage (des jeunes), la question de la réconciliation nationale. Ces objectifs sont tous à portée, à condition que Dr Boubou Cis- sé traduise avec rigueur et sans états d’âme dans les faits, ses ambitions clairement affichées.

Paul Y. N’GUESSAN

SOURCE: Bamako News numéro 158 du mercredi 7 août 2019
E-mail : contact@groupearcenciel.com

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