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Primature : Boubou Cissé Ti Sè : Bombardé à la surprise générale Premier ministre, le lundi 22 avril, Boubou Cissé a brulé plusieurs étapes et risque de se bruler les «ailes».

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«Les yeux ne portent pas le fardeau, mais ils savent reconnaître quand il est lourd», affirme un adage populaire. Du haut de ses 45 ans, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Dr. Boubou Cissé joue son jubilé de sa modeste carrière au poste de Premier ministre.

Plusieurs raisons soutiennent cette hypothèse.

Primo, le Mali est un imbroglio socioéconomique et sécuritaire indescriptible. Pour sortir le pays de cette impasse, il faudrait bien plus qu’un parchemin en économie. Au delà, de ce diplôme acquis chez nos ancêtres les gaulois, Boubou Cissé n’a aucune référence lui permettant de mesurer la profondeur de la crise que le pays traverse.

Secundo, Boubou Cissé n’a aucun ancrage social et politique aussi fort pour lui permettre de rassembler les Maliens autour de l’essentiel. Sa réputation de technocrate qui reste encore à déterminer ne suffit point pour y arriver. Comment fera-t-il, pour parvenir à convaincre les différents bords politiques sans encrage  et sans soutien. Le creuset en ces bords politiques est trop grand. Le verbiage et la masturbation intellectuelle n’y pourront rien. Aujourd’hui, la réalité est que sur le plan économique et financier rien ne va. L’économie tourne au ralenti, les activités économiques sont à l’arrêt. Et aucune perspective crédible n’est proposée aux Maliens. Pourtant, Boubou Cissé était à l’hôtel des finances. Surtout sa dernière visite avec le Premier ministre sortant à Washington et à New York est très éloquente quand à sa capacité à mobiliser les partenaires.

Tertio, le nouveau Premier ministre à tord ou à raison est une la fâcheuse réputation d’être non seulement arrogant et mais aussi et surtout très peu conciliateur. Or, dans la situation que traverse le pays, c’est un homme de consensus, d’ouverture et de dialogue qui pourra réunir les Maliens comme lui recommande son employeur.

Le problème n’est pas d’avoir une bonne équipe ou de se faire entouré par des hommes et femmes compétents. Il réside dans la personnalité du chef, son expérience de management et sa capacité à anticiper sur les besoins des populations.

D’aucuns pensent que l’arrogance avec laquelle il a géré la crise des magistrats, des médecins et plus récemment celle des enseignants témoigne de sa capacité à gérer un pays où les partenaires sociaux sont frileux et teigneux.  

D’autres soutiennent qu’il a accepté le job pour le gout de l’aventure sans avoir l’assurance qu’il pourra réussir. Il y verrait plutôt un challenge pour étoffer son Curriculum vitea.

Dans tous les cas de figure, Boubou Cissé, dont la nomination a fait couler autant d’encre que de salive, sait à quoi s’en tenir. Pas besoin d’un diplôme de Harvard ou de Science Po pour comprendre que Boubou Cissé Ti Sè.

Les jours à venir nous le diront.  Dieu veille !

A suivre.