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Agence nationale d’assistance médicale: Concertation autour du RAMED pour une meilleure prise en charge des indigents

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Le Régime d’Assistance Médicale (RAMED) était au cœur d’une rencontre de tous les acteurs et partenaires pour renforcer la prise en charge des indigents au Mali. C’était le mercredi 14 novembre 2018 dans la salle de réunion de l’Agence Nationale d’Assistance Médicale (ANAM).Résolument engagée à donner un second souffle au RAMED, la Direction générale de l’ANAM a jugé nécessaire de rencontrer l’ensemble des acteurs et partenaires techniques et financiers impliqués dans la mise en œuvre du régime.

La rencontre a porté sur l’élaboration d’un Plan de travail 2019 intégré et inclusif pour la mise en œuvre du RAMED.C’était l’occasion pour le Directeur Général de l’ANAM, Dr. Amadou Traoré, de rappeler que le RAMED est un régime dont la mise en œuvre requiert l’implication de l’ensemble des acteurs et partenaires. Selon lui, seule une meilleure coordination des activités des parties prenantes permettra d’atteindre les objectifs visés. Il a indiqué que chacun en ce qui le concerne doit donner le meilleur de lui-même dans un esprit d’équipe et de complémentarité. A ce titre, il annonce de grandes réformes pour l’année 2019, non seulement dans la réorganisation des différentes entités de l’ANAM. Mais aussi le renforcement des capacités du personnel pour plus d’efficacité dans la prise en charge des indigents. Dr. Traoré explique que le RAMED est l’une des meilleures réformes jamais initiées par les plus hautes autorités en termes de couverture sanitaire universelle. Il ajoute que de 2011 à nos jours, le RAMED a fait son petit bonhomme de chemin, il doit à présent prendre son envol pour répondre réellement à son objectif premier qui est la solidarité envers les personnes démunies. Partant, le Directeur Général s’est dit conscient que la santé est un droit et que la solidarité est une vertu cardinale au Mali. C’est pourquoi il a appelé ses collaborateurs à plus de cohésion et de sérénité.
Au cours de la réunion, le rôle de chaque acteur a été rappelé et expliqué conformément aux textes régissant le régime.
Ainsi, la Direction Nationale du Développement Social et la Direction Nationale de la Protection Sociale et de l’Economie Solidaire, en rapport avec les mairies, assurent conjointement l’indentification des indigents à travers des enquêtes sociales ; la Direction Nationale de la Santé doit assurer la fourniture et la coordination des prestations médicales ; les Collectivités territoriales contribuent au financement du RAMED à hauteur de 15% de son budget, en plus de l’établissement des répertoires d’indigents. Quant à l’ANAM, son rôle se résume à la coordination des actions ; à l’immatriculation des bénéficiaires identifiés et au remboursement des prestations fournies par les établissements de soins de santé.

Faut-il rappeler que le RAMED est un véritable instrument pour l’accès des plus pauvres aux soins de santé. C’est fort de cela que le Gouvernement de la République du Mali s’est engagé pour l’extension et le renforcement de la protection sociale avec l’aboutissement en 2009 de l’institution du Régime d’Assistance Médicale (RAMED) par la loi N°09-030 du 27 juillet 2009, modifiée par la loi N°2016-065 du 30 décembre 2016.

Le Régime d’Assistance Médicale a pour objectif la prise en charge médicale des personnes en situation de précarité, appelées Indigents, ainsi que d’autres catégories de personnes en situation d’assistance sociale, appelées Admis de droit.

Des chiffres flatteurs

A ce jour, ce sont plus de 400 000 personnes qui sont immatriculées au RAMED et disposent d’un récépissé pour pouvoir bénéficier des soins de santé en tout lieu sur le territoire national. Parmi ces personnes, plus de 116 000 ont déjà bénéficié de prises en charge médicales gratuites et totales.

Le RAMED a également assuré la prise en charge gratuite et totale de 241 blessés civils et militaires des conflits armés au Mali dont 179 pour la seule année 2018 parmi lesquels les blessés de l’attentat terroriste de Gao, qui a fait plus d’une trentaine de blessés.

Pour améliorer ces résultats, beaucoup d’efforts ont été déployés par la Direction générale de l’ANAM sous les orientations stratégiques du ministère de la Solidarité et de l’Action humanitaire. Il s’agit, entre autres, de la signature de 586 contrats de performance avec les Associations de Santé Communautaires (ASACO) afin de les inciter d’une part au renforcement des soins de santé tant en quantité qu’en qualité et d’autre part à s’impliquer dans l’identification des bénéficiaires de leurs communautés respectives. L’ANAM s’est évertuée au raccourcissement des délais de remboursement des prestations fournies par les établissements sanitaires, passant d’un mois à 15 jours; la dématérialisation de la collecte des données sur le terrain, afin de rendre leur transmission plus fluide, fiable et sécurisée ; la mise en place d’un système d’alerte dans tous les hôpitaux du Mali, en vue d’assurer une plus grande promptitude dans la prise en charge des blessés de conflits armés.

Des difficultés à surmonter

En dépit de ces résultats et efforts en cours, le rayonnement de cet important outil de développement est considérablement atténué par des difficultés de divers ordres, notamment la très faible mobilisation des contributions des collectivités territoriales à son financement. Pour rappel, le financement du RAMED est assuré par l’Etat à hauteur de 85% et les Collectivités territoriales pour 15%. La faible opérationnalité du régime dans les CSCOM en raison, entre autres, de l’absence de compte bancaire au niveau des ASACO.

Malgré tout, l’ANAM ambitionne de couvrir en 2019 l’ensemble des indigents et autres bénéficiaires de droit sur l’ensemble du territoire national.

 

Mariétou DOUCOURE