Mali: Grève illimitée dans les IFM de Sikasso jusqu’au paiement des bourses d’étude

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Cela fait deux mois que les élèves-maîtres de la région de Sikasso attendent d’entrer en possession de leurs trousseaux et bourses d’études. Depuis le 5 novembre, ils ont entamé une grève dont la durée dépendra du temps que prendra l’arrivée de leurs sous.

La situation des élèves-maîtres de Sikasso est alarmante, d’après Aboubacar Sidiki Guindo, le coordinateur de l’AEEM des trois Instituts de formation des maitres (IFM) de la région. Après avoir déposé un préavis le 15 octobre, resté sans suite, les secrétaires généraux des comités AEEM de Sikasso, Koutiala et Bougouni ont décidé de déserter les salles de classe jusqu’au paiement de leur trousseaux et la bourse du mois d’octobre, dont le montant se chiffre à 352 millions de F CFA.

Les conséquences de ces retards sont énormes, d’après le Aboubacar Sidiki. Pour effectuer la rentrée, lui et ses camarades ont été obligés d’acheter à leurs propres frais les fournitures scolaires, puisque les trousseaux tardaient à être débloqués. Les élèves de la 4e année, déployés dans plusieurs localités du pays pour leur stage de fin d’étude, ne savent plus à quel saint se vouer. Ils sont confrontés à de sérieuses difficultés financières. Partis à leurs lieux d’affectation sans argent en poche, ils se rongent les ongles en espérant un paiement prochain de leurs trousseaux et bourses.

Beaucoup d’élèves qui logent dans les internats ont plié bagages pour rentrer chez leurs parents car ils n’avaient plus de quoi se prendre en charge. Pour ceux qui ont préféré rester, ils se débrouillent comme il peuvent. Les jeunes filles sont particulièrement exposées. Certaines s’adonnent à toutes sortes de comportements répréhensibles, du moment que ça leur rapporte de quoi se nourrir. « La cour de l’internat est maintenant remplie de copains venus de toutes parts », constate Aboubacar Sidiki.

Face à cette situation de plus en plus dégradante, les responsables de l’AEEM des IFM de Sikasso affirment avoir interpellé les autorités locales. Après une entretenue avec le chef de cabinet du gouverneur de la région à la mi-octobre, garantie leur avait été donnée que l’argent sera disponible dans un bref délai. Rencontré ce 23 novembre, c’est le chef de division du Trésor de Sikasso qui leur relate la vérité. La somme des 352 millions n’aurait même pas encore quitté Bamako.

Pendant ce temps, les élèves-maîtres ne décolèrent pas. « Chaque année comme ça », regrette le coordinateur de l’AEEM des trois IFM de Sikasso. Pourtant, assure-t-il, « même seulement avec les trousseaux, nous sommes disposés à rentrer en classe ».

A. H.